Henry IV

En des glyphes formels, ici, le Geste épouse la Parole.

En un Geste hésitant, ici, le signe opère sur le nombre comme sur le monde.

Voici un lieu du verbe en acte, théâtre de la construction du sens par la forme...

Un terrain de jeu de la mathématique, connaissance élaborée par opposition à l'expérience reçue...

...Et c'est aussi le site de classe de la MP* du lycée Chaptal !

Index de l'article


En Geste est provisoirement :

Gauche, pataud, comme un caneton qui vient d'éclore. Mais en bien moins attendrissant...
Emphatique, ampoulé, bavard-balourd. C'est qu'en effet, il sort à peine de l'œuf, ébloui, après des années d'ankylose dans l'obscurité de ma caboche.
Chaque bribe veut tout dire à la fois, s'époumone à vouloir exprimer plus et plus vite que les autres, s'empêtre dans l'urgence.
C'est un Golem pas encore vivant, de la glaise qui veut marcher.

Tant pis : je dois commencer comme ça. J'accepte d'écrire d'abord à gros grumeaux de sens enchevêtrés, qui trahissent mon envie de simplicité.

Pour l'instant, ça sort du plâtre, de la coquille épaisse. Ça ne danse pas, mais se dandine avec une maladresse sans grâce.
Pour l'instant, ça réapprend à grand-peine les gestes les plus simples.
J'aime avant tout le rire partagé, et ça n'a pas d'humour.

Mais voici que cela commence, que la glaise s'ébroue, que ça remue, que ça avance peureusement vers le courage de courir un jour légèrement.

Au fil des semaines, des mois, (des années ???), je rajeunirai de mon mieux ces textes qui naissent vieux, le souffle coupé.
Mais il faut bien qu'ils émergent, et acceptent la première et douloureuse respiration, avant de devenir, ou pas, aériens.
Si vous le voulez, si je le peux, vous les verrez peut-être se couvrir de tendre duvet, peut-être de plumes.
Si cela en vaut la peine, les grumeaux deviendront cailloux, puis bulles.
Si vous m'en prêtez la patience, ils s'affranchiront de leur état de ragoût trop longtemps mijoté, et redeviendront salades craquantes,
herbes folles, lièvres et vaches joyeuses, pêches cueillies à l'arbre, carottes nouvelles, eau vive : immédiats.


En Geste sera :

A jamais inachevé, en construction... en gestation.


Un Geste vers :
Tous ceux et celles, livres et histoires, rencontres, qui m'ont fait moi-même bien plus que je ne l'aurais voulu.
(mais maintenant, je le veux bien).
Je n'oublie rien ni personne, mais je suis tissé de bien trop de fidélités pour les honorer toutes au quotidien.

Alors En Geste veut être le signe des liens jamais rompus envers ce qui me fait sans entraves :
Anciens et nouveaux élèves, (ma fontaine de jouvence), amis morts et vifs de toutes mes enfances, frères et sœurs de sang ou d'élection, tout ce qui passe, tous ceux qui passent un instant, toutes celles qui m'ont éclairé une fois d'un haussement de cheville,
ancêtres de rêves et de pensée qui me sont le point d'appui d'où soulever le monde : tous mes présents, envers chaque don qui m'a été fait.

Plus tard, peut être,
En Geste sera un (hyper)lien entre mes lieux et mes temps, mon familier et mon étranger, entre mathématiques et jardin, entre mémoire et grenouille, entre mots et libellules, entre les soulèvement du cœur et ceux de la pensée.

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— ENTRE DEUX MIROIRS —
INTRODUCTION À LA BIBLIOTHÈQUE DES MYSTÈRES


Deux miroirs semi-transparents :
l’un cache derrière lui les tréfonds de votre esprit, l’autre fait écran entre l’Univers et vous. De multiples reflets de motifs lumineux vous submergent.

Ces taches rouges sur l’écran sont-elles les restes d’une galaxie morte, lointaine de plusieurs millions d’années-lumière, qui se consument, ou bien votre vision mentale, éblouie par les braises rougeoyantes de peurs et de désirs reptiliens, vieux de plusieurs millions d’années, dans une chambre cachée de votre cerveau ?

Perdu…
...mais scrutant profondément les ténèbres de l’espace anonyme,
ni à l’intérieur ni à l’extérieur de ce que vous appelez « moi-même »,  vous percevez des chuchotements sans son, des visions sans lumière – l’Univers –,  se reflétant dans les miroirs des esprits des autres, essayant de vous parler dans un langage fait d’invisibles et silencieux cordons de symboles hiéroglyphiques.

Douloureusement, avec effort, presque comme dans un rêve, vous vous apercevez que les symboles sont des mots, et les miroirs des livres.
Vous entamez la lecture, et votre conversation avec l’Univers commence.

Misha Gromov.