Henry IV

En des glyphes formels, ici, le Geste épouse la Parole.

En un Geste hésitant, ici, le signe opère sur le nombre comme sur le monde.

Voici un lieu du verbe en acte, théâtre de la construction du sens par la forme...

Un terrain de jeu de la mathématique, connaissance élaborée par opposition à l'expérience reçue...

...Et c'est aussi le site de classe de la MP* du lycée Chaptal !

Index de l'article

 

Selon la troisième, sa trahison fut oubliée au cours des millénaires...
La révélation de ce que la scène  cache de singulier occulte ce que la scène cache d'universel, tout mythe recèle un autre mythe.
Derrière la découverte du volume pur se découvre la découverte de la découverte elle-même :
Des jours durant, Archimède s'est plongé dans la question posée par Hieron, des jours durant, je me suis baigné dans les eaux opaques d'Archimède, avant d'atteindre la transparence.
Perdu dans la recherche, abîmé dans la pensée, distrait par la question du monde environnant, presque jusqu'à l'abstraction, il ne reste que le poids du corps pour nous rappeler notre présence au monde. En l'annulant, la poussée d'Archimède rompt le dernier lien au soi. Absolument absent à nous mêmes, nous pouvons être présents au monde, au non-soi auquel le moi fait obstacle. Débarrassés du poids, de la masse inertielle, une impulsion infinitésimale suffit à propager la pensée à la vitesse de la lumière : nous voyons.
L'histoire rapportée par Vitruve nous donne à voir la scène universelle de la découverte : on ne cherche pas à trouver, chercher est le lent et lourd travail de se perdre. Perdue, la pensée flotte, et nous trouvons parce que,  perdus dans la pensée, qui est l'état fusionnel du soi et du monde, sans plus d'effort, nous voyons.
Possédés, enthousiasmés de ce contact avec l'Univers, dépouillés de tout vêtement, de tout ego, soulevés par la révélation, nous crions Euréka à la face du ciel...

Il ne s'agit pas de nier ici le labeur immense du chercheur, nous ne décrivons ici que l'état de liberté absolue du trouveur, du voyant. Il faut un lent et souvent méticuleux travail d'analyse, de réflexion, de dissection, pour dépouiller la question de ses atours inutiles,  pour la cerner au plus près, pour ne faire plus qu'un avec la question, mais la découverte, elle, est instantanée. Ce n'est pourtant  pas cette instantanéité  qui  rend inexplicable l'instant de la découverte, et qui nécessite donc une légende, un mythe, pour le transmettre. C'est parce que, comme la découverte a lieu exactement là et quand le chercheur s'oublie totalement, il n'est jamais témoin de la découverte, et que nul ne se souvient de l'oubli :
Une compréhension fulgurante est toujours une incompréhension fulgurante, parce que la lumière de la foudre aveugle. Archimède voit qu'il a vu, hurle j'ai trouvé, mais ne peut verbaliser ce qu'il a trouvé, au point que même ceux qui croient connaître l'histoire ne voient plus qu'il s'agit de la couronne de Hieron...
Commence alors la difficile remontée de l'or enfoui de la vision. Comme on a vu sans mot, sans moi pour témoigner de la vision, pour ramener la découverte à l'humanité, il faut tisser une nouvelle langue, forger un filet d'abstraction pour remonter sa pêche du fond des eaux, au point que ce qui a été perçu comme une évidence fulgurante ne pourra être transmis sans un immense effort qui le renverra à l'inexplicable. C'est cet effort prométhéen pour transmettre l'inhumain à l'humanité qu'on appelle l'abstraction.   

 

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— ENTRE DEUX MIROIRS —
INTRODUCTION À LA BIBLIOTHÈQUE DES MYSTÈRES


Deux miroirs semi-transparents :
l’un cache derrière lui les tréfonds de votre esprit, l’autre fait écran entre l’Univers et vous. De multiples reflets de motifs lumineux vous submergent.

Ces taches rouges sur l’écran sont-elles les restes d’une galaxie morte, lointaine de plusieurs millions d’années-lumière, qui se consument, ou bien votre vision mentale, éblouie par les braises rougeoyantes de peurs et de désirs reptiliens, vieux de plusieurs millions d’années, dans une chambre cachée de votre cerveau ?

Perdu…
...mais scrutant profondément les ténèbres de l’espace anonyme,
ni à l’intérieur ni à l’extérieur de ce que vous appelez « moi-même »,  vous percevez des chuchotements sans son, des visions sans lumière – l’Univers –,  se reflétant dans les miroirs des esprits des autres, essayant de vous parler dans un langage fait d’invisibles et silencieux cordons de symboles hiéroglyphiques.

Douloureusement, avec effort, presque comme dans un rêve, vous vous apercevez que les symboles sont des mots, et les miroirs des livres.
Vous entamez la lecture, et votre conversation avec l’Univers commence.

Misha Gromov.