En des glyphes formels, ici, le Geste épouse la Parole.

En un Geste hésitant, ici, le signe opère sur le nombre comme sur le monde.

Voici un lieu du verbe en acte, théâtre de la construction du sens par la forme...

Un terrain de jeu de la mathématique, connaissance élaborée par opposition à l'expérience reçue...

...Et c'est aussi le site de classe de la MP* du lycée Chaptal !

Index de l'article

Au sujet des raisons sérieuses de se diriger vers une filière scientifique
(CPGE ou pas, dans un lieu ou un autre...)

Pour voir un aperçu du contenu «scolaire» (mais pas si scolaire que ça...) du site, cliquez ici.geobleu1 Pour voir un aperçu du contenu «scolaire» (mais pas si scolaire que ça...) du site, cliquez ici.geobleu4

Devenir scientifique n'est pas un choix de carrière professionnelle.

C'est nourrir le don d'émerveillement de l'enfance, ne pas renoncer à cerner au plus intime ce que le monde a de plus insaisissable :

Je suis mathématicien parce que, si le bleu profond des ailes de libellules qui vrombissent au dessus du Viaur n'est que faiblement évoqué par les mots, et que, si personne ne s'écriera : « comme c'est joli ! » à la lecture de la suite de nombres qui décrit le spectre de ce bleu iridescent, le profond mystère du nombre est un écho du profond mystère de la couleur.

La physique, la mathématique d'une part, la poésie de l'autre, sont l'avers et le revers de la même médaille :
Là où l'art invoque l'indicible émotion que le monde provoque en moi, la connaissance scientifique invoque l'indicible « monde-en-soi », ABSTRACTION faite de l'émotion humaine.

Notre attirance pour la science est consubstantielle à notre attirance pour l'autre, et comme elle, elle est nourrie, exacerbée par l'impossibilité de la satisfaction.

Lorsque nous expliquons, l'explication rend le mystère plus aigu, les théories qui rendent compte de la noirceur du ciel nocturne rendent son obscurité plus profonde, et c'est ce vertige qui est le moteur de la connaissance scientifique.

Le langage « naturel » est ce qui permet, en communi(qu)ant par les mots avec l'autre, de créer l'humanité, de se créer comme humain, semblable et étranger parmi les autres. Mais il n'y a pas de langue naturelle pour parler aux étoiles, au vent, à l'océan, à la vastitude et à l’infime, au froid et au bruit, et il a fallu des milliers d'années d'efforts pour créer une langue par laquelle la nature nous parle un peu. Cette langue est la mathématique, ce qu'elle nous dit est la physique. Acquérir cette langue, entendre sa musique, est un travail ardu, dont les détours nous éloignent parfois du but qu'on cherche à atteindre, qui réclame un effort, une humilité, une constance qui parfois étouffent notre exaltation et notre envie.

C'est pourquoi ce chemin est terriblement difficile à parcourir sans guides bienveillants. Les professeurs de notre équipe veulent être ceux-là. Nombre d'entre nous auraient pu, et souhaitaient être chercheurs, mais ont choisi d'être avant tout enseignants pour aller un peu moins loin, en vous portant sur leurs épaules, en vous poussant, en vous tirant... Pourquoi ? Non par renoncement, mais parce que pour nous, la beauté ne peut être pleinement ressentie sans la partager. Certains d'entre vous ont besoin du recueillement de la solitude pour goûter pleinement une musique, un film, ou un paysage, d'autres ont essentiellement besoin de pouvoir dire de vive voix ou du regard :  « c'est beau, hein ? », pour sentir le reflet de leur émotion dans les yeux de l'autre.


Et bien voila, je suis professeur, comme nombre de mes collègues, pour l'étincelle que la découverte, l'étonnement, allument dans le regard de mes étudiant(e)s.

Nous sommes profs, parce que votre jeunesse est notre source de jouvence, par laquelle nous renouvelons sans cesse notre émerveillement face à ce que vous découvrirez, vous, pour la première fois. Et parce qu'aussi belles que soient les sciences physiques et mathématiques, la littérature, les langues, il n'y a pas de matière plus belle, plus difficile à façonner, plus rétive et pourtant plus malléable, plus riche en devenirs inattendus que vous, très cher(e)s futur(e)s élèves !

Bon, qu'il n'y ait pas de doute : je ne vais pas ici me substituer aux mille et une brochures, à tous les sites institutionnels réels et virtuels, ni vous parler de «taux de réussite» et autres statistiques qui n'ont de sens qu'à l'échelle d'une population, et donc strictement aucun pour vous, qui êtes un individu unique.

Je ne vais pas non plus faire de publicité.
Je ne vais pas vous donner les horaires, les modalités d'inscription, etc... car pour tout cela, il vous suffit d'aller voir le menu  LIENS....
Ici, je ne parlerai que du fond, à titre strictement personnel, et je ne donnerai qu'une opinion, et pas les informations (qui ne le deviennent que si on apprend à les interpréter) "objectives" qu'on trouve absolument partout...


travaux(Juste esquissé. A continuer un de ces 4...)travaux

    TristeMon métier à plein temps étant l'enseignement, et pas la maintenance/création/ gestion de site, même aussi beau, je n'ai pas le temps de développer les réponses aux questions (que vous vous posez...) ci-dessous. Mais si vous venez me (nous...) voir à la  journée portes ouvertes, nous pourrons en discuter à loisir !!!Complice

Pourquoi (pas) les CPGE, pourquoi (pas) l'Université ?

Normalement, tout devrait être clair, puisque ces deux institutions devraient avoir des fonctions bien distinctes, voire disjointes. Hélas, compte tenu de l'histoire qui a fait la singularité du système éducatif français, il n'en est rien, ce qui rend les choix très difficiles pour ceux qui ne le connaissent pas. Je vais donc commencer par vous expliquer pourquoi et en quoi les choses ne sont ce qu'elles devraient être...



Lorsqu’au début du XIXème siècle, la nécessité d’un enseignement scientifique institutionnalisé est apparue, l’Université (où en enseignait les humanités, le droit, la médecine, la théologie), jugeant la matière indigne de ses hauteurs, s’y est refusée. Les autorités ont donc développé les nouvelles structures à partir de rien, en créant les futures « grandes écoles », spécialisées (donc diamétralement opposé à l’universalité de la faculté…) en fonction des besoins de l’industrie, de l’état, de l’armée…

Pour en assurer le recrutement, (puisque le public universitaire s’y refusait…), les premiers recruteurs battaient la campagne (la France était un pays très rural), en faisant valoir la certitude des débouchés, et sélectionnaient des candidats n’ayant qu’un niveau d’étude à l’origine très faible, à partir d’interrogations orales dont le contenu, très pauvre, ne variait pas au cours des années et des lieux.
Bien entendu, au bout de très peu de temps,  partout où les recruteurs passaient, les candidats à ce prodigieux ascenseur social avaient déjà hérité d’un cousin, d’un aîné, d’un ami, des précieux questionnaires, et on se retrouvait avec de futurs ingénieurs pratiquement analphabètes. On varia donc les questionnaires, on introduisit des problèmes de réflexion, de calcul, on élabora des épreuves écrites, etc…
Comme les candidats « naturels » à ces écoles, petits bourgeois, paysans, ouvriers, (la grande bourgeoisie et la noblesse envoyaient leurs rejetons à l’université recevoir une éducation, et non apprendre un métier), n’avaient qu’une scolarité primaire, au fur et à mesure que les épreuves commençaient à ressembler aux concours actuels, apparût une préparation de plus en plus organisée à ces concours, un enseignement « préparatoire » parallèle aux secondaire classique.
Finalement, lorsque la révolution industrielle ayant donné aux sciences et techniques une place majeure dans le tissu social, lorsque le pouvoir s’étant définitivement déplacé de la noblesse vers le tiers-état, des propriétaires terriens vers les industriels, l’Université voulût réintégrer tardivement dans son giron l’enseignement qu’elle avait d’abord méprisé.
Mais le mal était fait (même si, sur certains plans, c’était un mal pour un bien). Le système des grandes écoles était trop développé, trop structurellement, socialement, historiquement éloigné de la faculté pour s’y intégrer, lorsque les rapports de forces ont commencé à s’inverser.
On a du mal à concevoir aujourd’hui à quel point ces écoles ont été l’instrument du brassage social, alors que l’Université était fondamentalement élitiste et conservatrice, tant le succès de ce système a transformé sa vocation initiale au détriment de la voie traditionnelle. Paradoxalement, actuellement, les CPGE ne sont plus seulement des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles, puisqu’elles font office  (particulièrement dans les filières littéraires, mais pas seulement), de «premier cycle universitaire de luxe», contrairement à leur vocation originelle. En effet, l’Université ancienne dont l’essentiel des étudiants avaient eu des répétiteurs particuliers, ou sortaient d’institutions privées réservées aux plus haute couche de la société, avait pour mission d’élever vers les hauteurs des jeunes gens déjà très bien formé dans leur milieu d’origine. Par contre, avant même l’institution par la troisième République de l’éducation publique, laïque et obligatoire, le corps enseignant des grandes écoles (puis des CPGE) se dévouait à dispenser une formation complète,  structurée, à vocation professionnelle, à des jeunes gens à qui le milieu familial et social n’offrait guère de bases.
Lorsque l’enseignement s’est massifié, que la population étudiante est passée par phases successives de 29 759 en 1900 à 1 500 000 en 1995,  le cadre très structuré des CPGE est devenu un refuge contre les carences d’un modèle universitaire qui n’a pu à son échelle immense s’adapter au besoin exponentiellement croissant d’une formation «intégrale».

Depuis cette date, les choses continuent d’évoluer rapidement, et sans doute plus rapidement à l’Université, sous la pression de l’urgence à s’adapter, que dans la filière CPGE-GE, mais le système des classes préparatoires reste à ce jour d’une efficacité incomparable, bien que porteur des contradictions d’une histoire sans équivalent hors de France.

Questions matérielles.

Enseignants purs versus enseignants-chercheurs.
Unité de l'enseignement.


Ce ne sont que des nuances...
L'unique critère de choix valable. 
Différences (minimes) de débouchés.

Y a-t-il de bons et de mauvais lycée ?
Y a-til de bons et de mauvais profs de prépas (selon les lycées...) ?
Connais-toi toi même.


Bonne et mauvaise difficulté, difficulté nécessaire ou inutile.
Difficultés propre au passage dans le supérieur.
Difficultés propres à la matière enseignée.
Difficulté de grandir, de choisir, de vouloir, d'avoir 17,18,19,20 ans...

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«On appelle ici art l'accomplissement d'un savoir dans une action.[...] En montant, note bien toutes les difficultés de ton chemin; tant que tu montes, tu peux les voir.
À la descente, tu ne les verras plus [...] Il y a un art de se diriger dans les basses régions par le souvenir de ce qu'on a vu lorsqu'on était plus haut. Quand on ne peut plus voir, on peut du moins encore savoir.»

René Daumal, dans «Le mont Analogue»